PAYS FERTOIS : implosion demandée

Le Pays fertois a voté à l'unanimité sa dissolution.
Les délégués communautaires du Pays fertois se sont réunis mercredi 13 octobre pour s’exprimer sur une demande de dissolution de leur collectivité territoriale. Il y a des années que le torchon brûle entre la ville centre du Pays fertois, La Ferté-Macé, et les 14 communes rurales qui l’entourent.
Ces tensions se sont cristallisées depuis les élections de 2008, et l’arrivée à la mairie de La Ferté-Macé de l’équipe de Jacques Dalmont. A tel point qu’il y a un an, les membres de la Communauté de communes du Pays fertois (CCPF) avaient demandé le retrait de La Ferté de la collectivité. Une tentative avortée.
La collectivité étant arrivée à « un point de non retour », selon les termes employés durant la séance, elle a décidé mercredi de se dissoudre.
A l’unanimité
Un vote qui a fait l’unanimité. Même la réticente Saint-Michel-des-Andaines (qui avait voté contre le retrait) a donné son accord « plus par dépit et par défaut, pour l’intérêt général. Les mots qui ont été entendus ici sont inacceptables » a souligné son maire, Sylvain Jarry.
Du côté du conseiller général, José Collado (qui lui, avait refusé de voter sur la question du retrait), il y a aussi de la résignation. Ce qui ne l’empêche pas de s’inquiéter sur les projets en cours, notamment le Foyer des jeunes travailleurs, le Pôle de santé et la lutte contre l’habitat indigne, « qui va mener ces projets ? Nos partenaires s’inquiètent à juste titre ».
Rester calme
Une inquiétude partagée par la ville de La Ferté-Macé, via les mots de son maire, Jacques Dalmont qui voit dans la demande de dissolution une manière pour le président de se soustraire à un certain nombre de dossiers ”encombrants”. Les conseillers de La Ferté ont tous voté pour.
Le président de la CCPF, Daniel Miette, n’a pas répondu aux attaques de La Ferté. « Les maires des communes rurales m’ont demandé de ne pas entamer de débats ». D’ailleurs, aucun n’a pris la parole (hormis Sylvain Jarry).
Le Plan B de Miette
Ce qui permet aussi au président de garder sa sérénité, c’est qu’il a déjà préparé son plan B. Une demande de création d’une nouvelle structure intercommunale réunissant les communes rurales de feu le Pays fertois est prête, et ,signée par 13 maires sur 14 (seule la signature de Saint-Michel manque, la commune souhaitant se donner le temps de la réflexion).
Maintenant, chaque commune membre de la CCPF va devoir se prononcer sur cette demande de dissolution. Si l’unanimité parfaite est atteinte, le préfet devrait signer l’arrêté de dissolution, « constater l’état de fait » comme le note le président.
S’il n’y a pas l’unanimité parfaite, le problème pourrait se poser différemment.
Reste à savoir combien de temps tout cela va prendre, et si la prochaine réforme des collectivités territoriales ne va pas inciter l’Etat à freiner des quatre fers.
M.B
Retrouvez le compte-rendu complet de demande de dissolution dans notre édition du 21 octobre.


